lundi 13 juillet 2015

La Ronda Del Cims


Mon journal de bord de la Ronda Del Cims (enfin une sorte mais il y aurait beaucoup à dire)

 
1ère étape Ordino - Sortoni, "jusque là tout va bien". Départ tranquillou, c'est quand même direct 21km et 1800m de D+ entre forêt, alpages et pierriers (un petit peu pour l'instant) pour ce mettre en appétit.
2ème étape Sortoni - Coma d'Arcalis "comment j'ai pris cher". Vraiment il a du se passer quelque chose pour que je ne me souvienne de rien... D'ailleurs j'ai perdu 10 places, c'est un des seuls tronçons ou j'ai perdu des places.
3ème étape Coma d'Arcalis - Pla de l'Estany "au top". Superbe étape, de manière assez inexpliquée je me suis refait une santé, la première ascension se fini par un superbe pierrier comme on les aime. S'en suit une descente bien raide à petits cailloux comme on les aime aussi (on s'est moi). Le reste est moins sympa mais ça avance.
4ème étape Pla de l'Estany - Refuge de Coma Perdosa "l'étape reine, l'Alpe d'Huez de la Ronda". La totale sur 900m de D+, pentes raides dans les buis, puis gros blocs de schistes,  puis couloir en petites pierres merdiques (que t'aimes bien à la descente) et une jolie crête pour finir.
Mais le Coma Pedrosa c'est aussi ça !

ps : je connais pas le mec avec le bob orange
Et ça...



La descente est raide mais en bonne caillasse qui roule bien sous les pieds, ça va vite, c'est cool. Pareil sur les névés.
A l'arrivée au refuge je me suis perdu, descendu 50m trop bas. Ben c'est quoi 50m, BEN C'EST BEAUCOUP ! Crois moi.
D'ailleurs je vois pas karine qui devait me retrouver. Je me dis qu'elle m'attend peut être sur l'arrivée normale, je fais au moins 3m pour voir puis je vais au ravito.
Au départ je retrouve Karine, qui m'attendait un peu plus au haut (sur le bon chemin), fait chier. Aller, photo, bisous, bisous, et c'est reparti. ça aura été court, mais ça aura fait du bien.

5ème étape Refuge de Coma Perdosa - Col de la Botella "bof". Étape pas bien, pas mal non plus, j'ai pas eu mon kiff. Fait majeur, y a un petit vent et je me suis vraiment refroidi au ravito en me changeant. D'ailleurs tu sais pourquoi je me suis changer dehors ?
7ème étape Col de la Botella - La Margineda "voilà, voila..." / "au putain c'est là que ça passe ?" Avant de parler de la descente, on va parler de la montée. Pas grand chose à monter et pas facile pour autant, je me fais pas mal doubler et j'ai du mal à récupérer du coup de froid. Au sommet du Boni de la Pica, le bénévole : "attention, le début de la descente est assez technique". Bon ben t'as déjà fait de la chute libre ? C'est très raide au début, puis y a un petit passage avec des chaînes pour se sécuriser, puis une partie très merdique à monter descendre dans des blocs encombrés de buis (ou l'inverse). Je redouble tous les mecs qui m'ont pris à la montée et même un peu plus. Il semble que je sois plus moins mal qu'eux sur ce type de terrain. Tous les points dangereux sont sécurisés, signalés et souvent il y a des bénévoles, chapeau l'orga. Le reste de la descente est long, très long, surtout quand ça remonte...

Arrivée vers 1 heure du mat, bien content de retrouver @kali pour un peu de soutient moral. 2h30 de pose, c'est un peu beaucoup mais ça fait du bien ! Au menu, repos, micro sommeil (25 min), pose de Tape et crevage d'ampoules.












8ème étape La Margineda - Coma Bella "ça gaz". Ça devait être une étape de transition, résultat un mur de 600m (D+) puis après la descente une longue section vallonnée, ça avance bien.
9ème étape Coma Bella - Refuge de Claror "et paf le chien...". J'ai bien mangé à Coma Bella et repars pleine patate. Montée raide au début, droit dans la pente, moins raide après mais toujours droit dans la pente... ça va tellement bien que j'en oublie de manger. Descente, puis dans la remontée avant Claror, paf, à sec. Je suis cuit, j'avance plus. Je m'arrête et mange et repars sur la réserve jusqu'à Claror dans des décors magnifiques.
10ème étape Refuge de Claror - Refuge de l'IllA "assez bien (peu mieux faire)". Je me croirai revenu à l'école :) J'avance depuis quelques temps avec X, on parle pas beaucoup vu que j'ai un début d'extinction de voix mais on avance. Je commence à être dans le dur dans les descentes (toujours raides et techniques) mais je gaz bien dans la montée. On longe un magnifique torrent de montagne mais je biels  (je biels, tu biels, il-elle-on b... du verbe bieller, couler une bielle) un peu sur la fin (toujours les restes de mon coup de pompe de l'étape précédente).
11ème étape Refuge d'Illa - Pas de la Case "la négo". Sur l'étape je suis toujours moyen, le repos fera du bien. X voudrait se reposer 3h au Pas, ça me parait trop et j'ai peur de finir dans un supermarket (clope et alcool à volo). On réduit à 1h30. Arrivée à 18h30, je ne vois pas Karine, petit sms "ah ! t'es déjà au Pas", j'arrive. Grand prince j'annonce à X qu'on à 1/2 heure de plus. Bouffe, récupe, puis je vais me coucher 25 min. J'entends pas le réveil et dors le double. Lever à 20h en panique et mon X qui vient me voir et me dit qu'il par à l'instant... Du coup je prend encore 1 heure pour me remettre d'équerre, soigner quelques bobos et je repars vénère mais bien requinquer et seul (état qui me va bien à certains moments).

petits bobos

12ème étape Pas de la Case - Vall d'Inclès "et sinon tu aimes la natation ?" L'ascension du Pas de les Vasques, alors là comment dire, tu vois le marais Poitevin ? (non - moi non plus...). Bon t'imagines un marais mais en pente à 25°, c'est le début de la montée, et style le début il est long... Moi je suis bien content, j'ai des chaussettes étanches (malin). Ensuite faut parler de la fin de l'ascension, t'arrives à une dernière pente de 100-150m très raides, un fanion en bas, un fanion haut (en bas, en haut ). Au sommet un bénévole me demande si j'ai bien trouver le "sentier", je répond "oui" avec le peu de voix qui me reste, en effet le passage d'1 m de large entre le névé et le ressaut de schiste se trouve assez bien...

Les chaussettes étanches (parce que, quand même) :
 
13ème étape Vall d'Inclès - Refuge de la Com de Jan "pleine patate". La montée vers la crête de cabana Sorda se passe bien, ça double pas mal mais surtout du dossard jaune (la Mytic), la fin d'ascension et vraiment raide avec des passage qui ont l'air un peu expo (si tu tombes c'est la chute, si tu chutes c'est la t....).
14ème étape Refuge de la Com de Jan - Sorteny "la der des ders". Dernière ascension, je suis hypermotivé et bien décidé à monter très vite. Ça c'était avant le début de la montée. Je prend un "shoot décathlon", fiole rempli d'un contenu visqueux avec un goût zarbi. De shoot il n'y a pas eu et l'accélération temps attendu ne vient pas. Je n'hésite pas 20 minutes après je prend un gel goût cacahouète. Je suis maintenant à la limite de vomir et avance pas très vite. Longue descente pour arriver à Sortony dernier ravitaillement à 7km de l'arrivée (source road book).
15ème étape Sortony - Arrivée "argh !". Je suis décidé à ne pas m'arrêter longtemps et encore plus quand je vois arriver un "jap" que j'ai doublé dans la montée et à qui je pensai avoir mis un vent (en même temps le gel à la cacahouète...). Je fais fiça et repart juste derrière un concurrent de la Mytic. Et là, le coup dur, un bénévole nous encourage "aller plus que 12km", alors quand tu as 7km en tête à ce moment là, ça ne va plus du tout. MAIS PLUS DU TOUT. Je manque de me rasseoir, vais voir le bénévole pour négocier confirmer. C'est bien ça. La descente se passe bien, raide au début sur 4km ensuite c'est un long faux plat descendant jusqu'à l'arrivée. Je ne traîne pas (le jap...).

L'arrivée - dans les derniers km beaucoup de choses passent dans la tête, la chance que j'ai de pouvoir faire des courses comme ça, la sœur qu'est plus là, c'est la première fois qu'autant d'émotions remontent à la fin d'une course. Karine m'attend, on fini ensemble.
A l'arrivée, le speaker me saute dessus, pas de chance (pour lui) en plus de la fatigue je suis maintenant complètement aphone.
Je me pose sur le sol et savoure...

 Après nous être reposé, on revient sur la course en fin de matinée, on passe un bon moment avec @apos qui a eu moins de chance que moi. A chaque arrivée, le speaker crie au micro "finisher ! finisher ! " et pour les concurrents de la Ronda un "RRRRonda ! RRRRonda ! RRRRonda !" avec les R qui roulent, ça prend aux tripes au début.
Ça a été une grande et belle course, un truc pas commun...

Chris,
ps : mais un peu longue, faudra aller plus vite la prochaine fois !
ps 2 : putain 48H30 c'est long...
ps 3 : le tour d'un (petit) pays 170km, 13500m de D+
ps 4 : j'étais bien accompagné :
elles ont fait les 170km :)


mercredi 3 septembre 2014

Il était une fois, 100 fois 1 kilomètre ou les 100 km de Sologne



Ce samedi 30 août 2014 à 6h30 à Theillay, je m' apprête à courir ma plus longue distance sur ce 100 km et ce après seulement 3 ans de course à pied quasiment jour pour jour...

Préambule

Tout a commencé début septembre 2011. Mon dernier rentre à la maternelle, j' ai encore 15 kilos en trop avec mes 2 grossesses successives plutôt mal gérés côté balance! Y a de celà une dizaine d' année je courrai et au final c' était simple, il suffit de pas grand chose et de peu de temps. C 'est décidé, avec enfin du temps pour moi, je rechausse les runnings.

Volontaire je m' inscris d' emblé au semi-marathon de Paris pour mars 2012, l' objectif à tenir. Semi validé, poids perdus, envie d' aller plus loin gagnée...mon but est de désormais d' allonger les distances et faire ce que plus jeune je ne trouvai pas intéressant, c' est à dire du marathon et plus. J' avais bien couru la Saintélyon (68km) en 2001 mais çà c' était fun, une course de nuit en décembre par monts et par vaux, je viens!

2013, je laisse les moyennes distances pour plus long avec un écotrail de Paris sur 50km et un premier marathon à Toulouse en octobre.

2014 sera mon année ultra. Je décide de préparer des courses où la distance ne sera pas inférieure au marathon. Je ne suis pas une super coureuse, mon temps au marathon est de 4h43. A vrai dire je ne cours pas non plus à la perf. J' ai juste du plaisir à courir et finir. A ce moment là, faire 100 km sur route est encore un projet pour 2015. Mais la vie est faite de rencontres! En mars je cours le 80km de l'écotrail de Paris où je fais la connaissance de deux sacrés ultrarunners, Francine et Marc. Ce dernier habite la même ville que moi, je l' avais aperçu lors de mes entraînements sur les chemins de la forêt qui nous sert de terrain de jeu. Dans une discussion après course je lui fait part de mon envie de courir au 24 heures de Feucherolles sur 12 h. Marc me conseille plutôt un  6 heures pour débuter sur la discipline et me dit qu' ils seront de la partie sur le 24H.

Entre temps je cours le marathon d' Annecy en avril, puis arrive les 6 heures fin mai. La course de l' inconnu. Tourner sur une boucle de 1,3 km pendant 6 heures...pas si dur en fait et c' est un bon exercice pour le mental, important en ultra. A la fin de l'épreuve, je demande à la petite bande expérimentée quel 100 km, ils me conseillent!

 - t ' as qu' à venir avec nous fin août en Sologne!

- Heu, fin août ? ça va pas !...

Mais voilà, l' envie est là, le doute aussi.  Ces gens ne sont vraiment pas fréquentables! Francine en remet une couche, un peu plus tard, "allez viens avec nous, t' as deux mois pour t' entraîner et on court avec toi"

La nuit portant conseil, c' est bien connu...c 'est comme çà qu' un beau matin on chausse ses runnings comme d' hab mais avec le désir de préparer un 100 km, qu' on poste son inscription en tremblant, si si, qu' on ne pense plus qu' à çà pendant deux mois d' été où faudra tout concilier. Je suis mère au foyer et c' est les vacances scolaires..

Préparer une course aussi longue faut quand même y aller avec des kilomètres dans les jambes.

Je ferai une belle prépa en juillet avec 300 km et pas mal de bi-quotidien pour arriver à faire du kilomètrage, ne pouvant pas faire de trés longues sorties en une seule fois. Un trail de 50 km avec 2600 m D+ début août, pas trop traditionnel mais on fait comme on peut quand on est en vacances en montagne pendant la prépa puis j' aime çà! Des randos, du vélos de route jusqu' à l' accident bête, une glissade sur un tapis et c' est l' entorse à la cheville à 3 semaines de la course. Arg ! Ô désespoir !?

D' un naturel optimiste, je continue à y croire. Des entorses, j' en ai déjà eu un sacré nombre de fois et je sais que rien n' est impossible. Alors je continue à y croire mais je sais aussi qu' une contrainte de ce genre ce sera sûrement des souffrances en plus pour en venir à bout. Je met alors toutes mes chances de côté. Strap et béquilles, repos, arnica, argile verte, bain de sel, glaces...tout y passe. Une semaine après ma cheville ne me fait plus mal en statique, je refais donc un peu de vélo et un peu de natation et j' arrive à marcher quelques heures avec le straping sans trop de douleurs. La dernière semaine j' essaye un footing d' une heure le lundi, pied lourd le soir, un deuxième de 50 minutes le mercredi, tout va bien. Samedi je prendrai le départ!

La course
 

 Vendredi 29 juillet, toute la famille suit comme d' habitude. Nous prenons la route pour Thiellay, petite bourgade du Centre en Sologne près de Vierzon. Tout se passe autour du foyer municipal. Retrait des dossards, pasta party, couchage, petit déjeuner, camping, départ, arrivée...

Nous optons par la solution camping sur les espaces verts autour du foyer, comme bon nombre de participants venus en camping cars ou avec leur toile de tente. Chez nous, monsieur et les enfants seront sous la toile tandis que moi dans le palace de notre van pour déjeuner tranquille et m' habiller, le départ est à 6h30.


Entre temps Francine et Marc arrivent à leur tour. Je file retirer mon dossard et là la dame me dit " c' est pour les 100km ici!" Oui je sais..ah ok, votre nom? ca commence bien. A côté y a le retrait 50km. A regarder autour de moi, il me manque peut être les cheveux blancs qui vont avec les jambes musclées! Ici les vétérans sont à l' honneur, bon nombre de V2 et V3. Je  repars avec le dossard, 6 verres sérigrafiés avec le logo de la course, une bouteille de sauvignon et une paquet de sablés artisanaux fabriqués dans la région. Trés sympa comme accueil. Les copains plantent leur toile à leur tour et vont à la pasta party, nous prenons notre repas à la tente et dodo pour tous. Demain y a du boulot sur la planche!

Dimanche 30 aout, 4h00. Le réveil sonne. La nuit fut courte dû à un endormissement un peu trop long. Mais je me sens bien et moins stressée que les jours précédents. Je prépare mon petit déjeuner maison. Dans un sac congel, j' ai pris ma dose de crème sport dej maison avec des graines de chia et des baies de goji ainsi que du muesli aux fruits secs. je rajoute une banane coupée en morceau, le tout arrosé de lait d' avoine. Un repas copieux mais digeste auquel j' ajoute une jus de fruit frais et une boisson chaude à base d' orge. Je file ensuite me dégourdir les jambes jusqu' aux sanitaires du gymnase et me recouche un peu avec de la musique en attendant. Marc et Francine prennent leur petit dej au foyer à 5 heures (un peu tard je trouve cet horaire prévu) et me retrouvent dans le van pour papoter un peu.

6 heures. On fini de se préparer. Remplissage des gourdes, passage aux toilettes et direction la ligne de départ où je retrouve mes camarades en compagnie d' autres copains à eux, qui participent aux 100km et au 50km. Chris mon mari, nous rejoint pour nous immortaliser le moment avec quelques photos et filmer le départ.

6h30. Bang ! Et c' est parti, il fait encore un peu nuit et doux. On sort rapidement du village pour se retrouver sur des routes bordées de forêt en lignes droites. Paysages qui ne nous lâchera pas beaucoup durant la course hormis quelques traversées de villages. Bonne ambiance dans la troupe. Devant, c' est parti fort. Aujourd' hui c' est les championnats de France, y a du beau monde et y a aussi une cinquantaine de coureurs qui font le 50km. De toute façon faut pas traîner, le temps imparti est de 15h30.

Les kilomètres défilent, les ravitaillements tous les 5 kilomètres donnent le rythme. Ma cheville me fait mal mais sans plus. Le strap léger posé la veille la maintient bien toutefois. Peu avant le km 15 on croise les premiers coureurs, nous avons un petit aller retour de 10 km à faire. Petit coucou aux coureurs, échange ou pas d' encouragements.

Il commence à faire chaud vers 10h30, heureusement beaucoup de passage à l' ombre en forêt.       

On s' arrête à tous les ravitaillements, je prend systématiquement 2 à 3 verres, 1 eau, 1 gazeuse, 1 coca et une demi banane et 1 quartier d' orange. Et tous les 20km un gel anti oxydant que j' ai sur moi. A partir du 40ième kilomètre je bois de plus en plus d' eau à ma gourde perso.

Sur les tables on y trouve, de l' eau, du coca, de l' eau gazeuse et de la boisson isotonique ainsi que de la bière. En solide c' est banane, sucre, chocolat noir, raisins et abricots secs et à partir du km 50, il y a en plus du fromage, du saucisson, des tartines de rillettes, et 90 des crêpes. Bon rien de spécial pour la végétalienne que je suis. De toute façon mon truc à moi c' est les bananes!

Tous les bénévoles sont adorables avec nous, aux petits soins et on le mot de réconfort et la répartie pour blaguer aussi. Merci à eux.

42km195, on nous annonce notre passage au marathon en 5h03. Je me sens super bien, les jambes tournent bien mais je commence à souffler un peu. Mes camarades sont au top, ah ces V2 ! Et ma cheville dans tout çà? Toujours pareil, légère douleur. Par contre c' est ma cuisse qui commence à me faire souffrir, elle se contracte vite. Un déplacement de douleur? Je commence à demander à mes deux compères de la marche pour relâcher le muscle. Ca marche bien. Puis un autre bobo arrive, malgré la crème nok mise ce matin aux niveau des aisselles, la brûlure est inévitable. Grrr. Au ravitaillement du 45, Chris est là avec les enfants. Je suis contente de les voir, petits bisous à tous. Je lui demande de me mettre de la nok sous les aisselles et là, horreur. Je me suis vu accoucher d' un troisième en quelques secondes. Vite repartons, que de l' air glisse dessus. Non c' est pire, au secours! Je serre les dents. Va falloir accepter cette douleur encore pendant des heures...

Km50, pause photo obligatoire même si de ce côté là, on est pas avares. On repart, 6h14 de course, le rythme est bon. Marc est au top de sa forme, limite s' il ne nous fait pas la roue!!! Bon çà va! C' est son 10ème, il connaît la chanson, mais quand même, c' est pas juste y a une jeunette qui trime à côté!

Par contre côté cerveau, çà tourne encore, je me dis qu' il nous reste 9h15 pour faire les 50 prochains kilomètres. On a de la marge pour finir et c' est bon pour le moral car la suite je me doute que ce ne sera pas la même moitié à répéter.

55, 60 km, les kilomètres défilent sur ces longues lignes droites. La circulation est ouverte, nous courront au sommet de la route pour des raisons de confort. Les bas côtés sont en dévers ou de mauvaises qualité. Il faut donc parfois se rabattre et revenir en fonction des voitures. Ca commence à être usant avec la fatigue. Je marche de plus en plus mais on ne perd pas trop de vitesse. Nous gardons une allure de 7.8 km/h. Je fixe mon regard sur les chaussures de Marc. Je ne veux plus voir ces lignes droites. Par contre Francine a du mal à marcher, son tendon d' achille est plus facile à dompter en trottinant . Allez comprendre Charles! J' essaye de garder une petite foulée mais rien y fait, je stoppe pour marcher. J' en suis désolée, tant est si bien, qu' on km65 je craque littéralement. Gros coup de fatigue. Mon corps dit stop. Plus rien, je n' arrive pas à recourir. Et là , c' est les larmes qui coulent. Marc à mes côtés me regarde impuissant. Je laisse couler ces larmes. Je sais que ma tête doit prendre le dessus, qu' il faut passer ce cap. Le prochain ravitaillement arrive. Chris est là et m' encourage. Il voit ma détresse, il sait trop bien ce que cette phase signifie, il connaît çà mon ultratrailer de mari et me laisse tranquille en me disant qu' il sera là au prochain ravitaillement.

 Marc pondère, en me disant que si çà va vraiment pas, on peut arrêter! Ah non ! Je vais y arriver, çà va revenir. J' avale une gel coup de fouet que j' ai sur moi au cas ou...oui, me faut du sucre! Allez hop et on continu. On propose à Francine de partir devant, et je la vois s' éloigner. Marc suggère de courir 5 minutes et de marcher 2 minutes dés que je le sens. Ok allons y! Mon corps peine, c' est devenu un bout de bois mais j' y arrive. A ce moment là nous sommes à 7,5km/h au général. Nous avons bien perdu. Marc me motive, "on a le temps, on va le faire". Il a raison, serre les dents cocotte! On tient ce rythme là pendant 10 kilomètres.


Un peu avant le ravitaillement du km80, je ne peux plus tenir. Courir me fait mal. Lever les jambes est un supplice. Par contre j' arrive à bien marcher au rythme de 5/6 km à l' heure pas si mal après 80 kilomètres. faut tenir, oui faut tenir comme çà jusqu' au bout!

Km85, plus que 15. On vient de faire 2 marathons! On double encore quelques concurrents encore plus cuits que moi. Notre vitesse générale diminue. On demande à Chris de nous fournir une frontale, on va finir à la nuit tombante et on aimerai bien se faire voir des voitures. Manquerai plus qu' on se fasse écraser!

Km90, on retrouve notre Francinette nationale, assise dans un transat en train de manger une crêpe. Demi heure d' attente pour finir avec nous. Faut dire qu' elle avait trouvé le bon ravito, sacrée Francine!

j' ai deux accompagnateurs en or. La plupart des coureurs ont des suiveurs à vélo, ben moi j' ai deux coureurs adorables, quel luxe!

On repart à trois, j' ai plus trop de jambes, relancer est difficile. Je n' ai pas le droit d' arrêter et puis mes deux amis sont là pour moi.

Km95, je cri à la vue du panneau. Maintenant on va décompter, mais que c' est long un kilomètre...

La nuit commence à tomber, nous sommes sur une toute petite route, pas de circulation, ouf! Par contre les moustiques font leur apparussions. Ca pique, j' arrive pas à les chasser.

96...97...98...mais que c' est long. Je discute avec mes camarades mais je ne suis plus vraiment là. J' entre dans une nouvelle dimension. je plane. On voit enfin le panneau de Theillay, deux signaleurs nous annoncent 1300 mètres avant l' arrivée. Je ferai répéter 2 fois, je comprend pas très bien en effet. Je suis en mode automatique. Un pied devant l' autre et j' avance toujours entre 5 et 6 km/h. Nous sommes à 7,1 km/h d' allure générale.

Km99, un autre cri déchire la nuit. Mes amis propose de faire la photo et d' immortaliser le moment. Je leur dis, "vite, faut je que finisse mon corps ne tient plus". Je les laisse prendre d' autres poses et me remet en route vers mon point final. Repartir après cette courte pause, me déchire les jambes, remettre en route est si dur mais le rythme revient au bout de quelques pas. Les deux V2, sacrés Vétérans 2, me retrouvent en petites foulées.

 J' aperçois Chris venir à notre rencontre, je comprend que c' est bientôt la fin. Il me dit moins de 500 mètres, je suis tendue. Un croisement, une barrière, une dame nous dit," 300 mètres, bravo". Mes compagnons me demande de finir en courant, je me prépare mentalement. C 'est dur mais ils ont raison , je doit essayer. Je leur demande d' attendre de voir l' arche. Une autre barrière, des gens, des encouragements, des applaudissements, des félicitations...tout est flou. On tourne à gauche, elle est là, l' arche de la délivrance mais aussi l' arche de la fierté, l' arche du courage et de l' amitié. Marc et Francine, ces deux grands coureurs au grand palmarès me prennent les mains et me lèvent les bras. Je recours, mes enfants sont là, heureux de voir leur maman arriver. Ils crient tandis que nous franchissons le centième kilomètre. 14h21 et 40 secondes, je suis centbornarde! Je tombe dans les bras de mes deux amis, l' émotion me gagne et les larmes recoulent à nouveau...

Merci de m' avoir amenée et soutenue au bout d' une telle course! Marc vient de franchir la ligne d' un 100km pour la 10ème fois et Francine pour la 6me fois! Respect les champions.

Nous finissons à la 67, 68 et 69ème place sur 83 arrivants sur la course open 100km et 99 autres arrivants sur le championnats de France, pour environ 250 participants. Félicitations à tous.


La ligne franchie on nous remet une belle serviette blanche aux couleurs de la course, je la passe autour de moi, me ravitaille. je tiens encore debout mais je file vite chercher un kiné. Les secouristes m' installe dans une salle en attendant qu' il arrive. 10 minutes plus tard, une dame rentre, elle était sur le départ. Je serai la dernière me dit elle. Elle me trouve une grosse contracture à la cuisse droite...oui je sais! Phénomène de compensation avec ma cheville, soit disant! Elle masse et m' étire, ouille ouille ouille. Mais çà fait du bien. Après une douche bien chaude tout ce petit monde se quitte, il est déjà tard et on veut tous rentrer se reposer chez nous. Pas de camping ce soir s' il vous plaît.

A J+2, tout rentre dans l' ordre. Je marche normalement après un lendemain difficile. Reste les deux grosses brûlures aux aisselles, 5 par 5. La prochaine fois plus de débardeur sur si long ! Dans une semaine les bobos auront disparus, restera que le bonheur d' avoir vécue cette belle aventure.
Pour finir un merci à l' organisation.

 
Je dédicace ce 100km à ma petite Fanny, partie trop tôt et dont le courage et la volonté ne l' aura jamais lâchée. Force et honneur à ta mémoire petite sœur.

 

Karine Mérel

Crédits photos, Francine Hervier et Marc Torre

jeudi 4 août 2011

Cyclo rando été 2011

18 jours à sillonner les routes depuis la banlieue ouest de Paris à Rieux Minervois, village cathare dans l' Aude.

étape 1: Poissy- Blandy les tours

étape 2: Blandy les tours- Bagneaux S/Loing

étape 3: Bagneaux- Chatillon.Collignon

étape 4: Chatillon- Cosne sur Loire

étape 5: Cosne- Fourchambault

étape 6: Fourchambault- Bourbon.Larchambault

étape 7: Bourbon L'archambault- Vichy

repos

étape 8: Vichy- Martres Les Veyres

étape 9: Martres Brassac les Mines

étape 10: Brassc- Rhuynes en Margeride

étape 11: Rhuynes- Chaudes Aigues

étape 12: Chaudes Aigues- Laguiole

étape 13: Laguiole- St Parthem

étape 14:St Parthem- Monteils

étape 15: Monteils- Albi

étape 16: Albi- Mazamet

étape 17: Mazamet- Rieux Minervois

plus 1100 km pour 8900 mètres de dénivellé, sous la chaleur et une demi-journée d' orage.

En attendant plus de commentaires, voilà une vidéo du voyage:


lundi 20 juin 2011

Convergence 2011

Ce dimanche fut l' appel du 19 juin des associations d' IDF qui militent pour la mobilité douce sur la région.
Grand rassemblement de cyclistes de tout âge qui convergent en direction de la capitale de toutes part pour un défilé final sur les plus belles avenues de Paris avec pique-nique géant sur les champs de Mars au pied de la tour Eiffel.
Plus d' info  ici
Nous sommes partis de Poissy à un trentaine sur la branche ouest sous la couleur verte qui nous représentait sous la bonne humeur malgrés la grisaille de ce matin. Au fur et à mesure des étapes, les rangs ont grossis et nous faisions blocs sur les routes, encadrés par la Police à partir de Neuilly, en chanson, au rythme de l' accordéon et surtout des sonnettes pour la joie des enfants.
Arrivés dans Paris, nous avons déttachés Elisa pour qu' elle puisse rouler librement dans le cadre prestigieux et unique de la journée sur les avenues ouvertes et sécurisées. Elle s' est bien débrouillée au milieu du flot de cyclistes sous l' oeil un peu stressés des parents certes mais fiers.
L' effet tour Eiffel à encore frappé, les enfants étaient émerveillés de pique niquer au pied de la grande Dame sous les "wahouuu la tour Eiffel". C 'est magique, on comprend qu' il y est toujours autant de monde...
Retour sur St Lazare pour un retour en banlieue en train sous quelques gouttes.  Une balade de 47 km tout de même.
Une bonne mise en jambe pour samedi où nous convergerons vers Paris pour les grandes vacances cette fois et d' aller au delà...


Poissy
Rencontre avec la branche de Cergy à Maisons Laffitte
Point rencontre à Houilles
L' equipe verte
Essai monocycle en 36 pouces, va falloir grandir encore
ravitaillement offert au marché de Courbevoie
 

4 monocycles dans notre groupe
Sur Neuilly, un tripode musical
Enfin libre dans les rues de la capitale
A moi la Concorde, profite ma fille

Sur les quais
Opéra

Arrivée aux Invalides
c' est la fête au champs de Mars sous l' oeil de vieille Dame
Sur le porte bagagge c' est pas mal non plus

vendredi 17 juin 2011

Projet été 2011, à coeur vaillant rien d' impossible!

Départ le 25 juin, une grande virée depuis Paris jusqu' au pays cathare, à Rieux Minervois chez les grands parents du sud.

 Rien de bien planifié, une grande ligne en passant par le Massif Central. Envie d' aller voir la montagne, les espaces à bovins, le Cézallier, l' Aubrac...pauvres parisiens d' adoption! " Ils vont souffrir à gravir les monts d' auvergne, chargés comme des mules, les mômes à tracter!"
Ben oui, toujours aussi cons qu' avant les parents..l' âge n' arrange rien, c' est bien pire!
D' autant que niveau compteur vélo cette année, c' est pas terrible. Juste quelques balades et la semaine de Pâques à suivre la Garonne et le canal du midi. L' appel de l' escalade sur les rochers de Fontainebleau aura été plus fort.
 Par contre toute la famille, faute d' avoir de gros mollets a des épaules de démenageurs, on tirera sur le guidon, on ne sait jamais, des fois que...